Ce qui est vraiment dur c'est d'ouvrir les yeux, et de voir, de voir enfin comme si c'était la première, comme si on était resté aveugle toute sa vie et qu'on venait de trouver la vue, mais pour voir quoi? Des ruines, des ruines encore fumantes sous lesquelles il n'y a aucun survivant. Ce tas de ruines c'est ma vie, qu'est-ce que je peux bien y faire? Je me suis toujours battue pour être la meilleure, pour sortir du lot, qu'on me remarque enfin en bien, pour faire quelque chose de bien. J'ai toujours voulu construire mon avenir comme je le voulais, mais on m'a toujours mis des bâtons dans les roues. Alors j'ai essayé de descendre de voiture pour marcher, mais on m'a coupé les jambes. A quoi ça sert de se battre chaque jour pour vivre, pour vivre mieux, pour vivre bien si les autres font tout pour me tuer. Déjà à 6 ans, j'avais acheté une guitare, je l'avais vu je me suis arrêté devant elle, comme un coup de foudre, je voulais vraiment apprendre à en jouer, mais mon père la cassée délibérément et là ça a été plutôt un coup de poing. A l'école on me tabassait parce que j'étais la plus gentille, la plus douée ou tout simplement pour rien... Toujours souffrir, pour arriver à quoi à écrire ma vie sur des articles dont tout le monde se fout et que presque personne ne va lire, mais je m'en fiche je n'écris pas pour qu'on me lise, je ne parle pas pour qu'on m'écoute, non je le fait pour me sentir enfin vivante.
Quand les parent passent leur temps à traiter leur enfant de zombie il finit par croire qu'il en est un.
Oui j'ai enfin ouvert les yeux, je crois qu'ils étaient collés depuis trop longtemps. Pas besoins d'avoir les yeux ouverts pour rêver. Rêver, voilà comment je vivais, incapable de vivre, parce que ce n'est pas une vie. J'ai pris concsience que ces rêves n'étaient que des rêves, qu'il n'était pas là, qu'ils n'étaient pas la, qu'elle n'était pas là. Ce qui est là c'est la peine et la haine, il n'y a que cette haine qui me fait tenir, je le deteste tant que je veux rester en vie assez longtemps pour pouvoir lui pisser sur la tombe.
Je regarde les murs de cette pièce trop petite et je les vois, mais je regarde mieux et je me rends compte que ce ne sont pas vraiment eux. J'en ai simplement marre, marre de prendre des coups dans la gueule et qu'il n'y ai personne pour me soigner. Parfois je me demande vraiment ce que j'ai fais, je ne comprends pas. Qui le comprend vraiment? Pourquoi moi, et pas la voisine. Juste envie de remonter le temps, juste envie d'être quelqu'un d'autre, pourquoi on ne peut pas choisir qui on est? Non je ne veux pas être cette fille, je ne veux plus. Cette fille qui sait qu'elle est quelqu'un de bien, qui sait qu'elle peut être exceptionnelle, qui sait qu'elle vaut mieux qu'eux, qu'elle peut être l'amie parfaite, mais que personne ne s'en rend compte. Cette fille aux multiples cicatrices sur le visage, cette fille qui est aussi seule que son coeur est remplit de haine, que cette fille qui peut aimer autant que ses yeux contiennent de larmes. Cette fille qui ne passe jamais innaperçu, que tout le monde montre du doigt mais qu'on ne regarde jamais vraiment. Cette fille qui parle, parle, ne fait que parler mais que personne n'écoute, cette fille qui n'en peut plus et qui n'a plus honte de le dire, cette fille qui est au bord d'un profond goufre mais qui ne veut pas tomber malgrès que tout le monde la pousse. Cette fille qui pleur, pleur pour évacuer sa peine mais qui n'y arrive jamais, cette fille qui veut juste être aimer parce qu'elle sait qu'il y a autant d'amour que de haine dans son coeur. Cette fille qui rêve d'une vie meilleur pour oublier la sienne. Cette fille qui se fait tabasser autant physiquement que psycologiquement par celui qu'elle ne considère plus depuis longtemps comme son père. Juste cette petite fille qui doit faire face à des problèmes qui ne sont pas de son âge, juste cette petite fille qui a grandit beaucoup trop vite alors qu'elle ne demande qu'à jouer à la poupée... Alors que dans ce grand jeux elle a l'impression que c'est elle la poupée, la poupée qu'on laisse tomber, qu'on casse et qu'on laisse pourrir dans un coins en l'oubliant chaque jour un peu plus... Juste cette petite fille malade, que la vie rend malade...